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Pourquoi les hommes et les femmes réagissent-ils différemment au stress ?

Publié le 5 avr. 2025 • Par Claudia Lima

Avez-vous déjà remarqué que votre conjoint(e), un collègue ou un ami ne réagit pas au stress de la même manière que vous ? Vous sentez-vous parfois dépassé(e) par l’angoisse alors que d’autres semblent gérer la pression avec plus de facilité ? Ces différences ne sont pas le fruit du hasard : la réponse au stress varie selon le sexe, influencée par des facteurs biologiques, hormonaux et socioculturels. 

 Qu’est-ce que le stress et comment l’organisme permet-il d’y répondre ? Pourquoi existe-t-il des différences de réponses au stress selon le sexe ? Comment mieux gérer son stress selon son profil ?  

Découvrez les réponses dans notre article ! 

Pourquoi les hommes et les femmes réagissent-ils différemment au stress ?

Qu’est-ce que le stress ? Quels sont ses impacts ? 

Le stress est une réaction naturelle de l'organisme face à des situations perçues comme menaçantes ou exigeantes. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il s'agit d'un état d'inquiétude ou de tension mentale causé par une situation difficile.  

Cette réponse physiologique prépare le corps à affronter le danger en déclenchant une série de réactions, notamment l'augmentation du rythme cardiaque, de la pression artérielle et de la respiration.  

Si le stress peut être bénéfique à court terme en améliorant la performance et la concentration, un stress chronique peut avoir des effets délétères sur la santé. Les conséquences possibles incluent des troubles du sommeil, des douleurs musculaires, des troubles digestifs, une diminution du système immunitaire et une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires.  

Quel rôle jouent les neurotransmetteurs et les hormones dans la réponse au stress ? 

Le stress est géré par des messagers chimiques : les neurotransmetteurs et les hormones. Ils influencent nos réactions physiques et émotionnelles face aux situations stressantes. 

Les neurotransmetteurs du stress 

Les neurotransmetteurs sont des substances libérées par le cerveau pour transmettre des signaux entre les neurones. Parmi eux : 

  • Le GABA (Acide γ-aminobutyrique) : calme l’activité cérébrale et réduit l’anxiété. C’est sur lui que certains médicaments relaxants (comme les benzodiazépines) agissent, 
  • La sérotonine : stabilise l’humeur, le sommeil et l’appétit. Un faible taux est associé à l’anxiété et la dépression, 
  • La noradrénaline : augmente l’attention et prépare le corps à réagir rapidement, 
  • La dopamine : régule la motivation et le plaisir, influençant aussi la gestion du stress.  

Les hormones du stress 

Lorsqu’un stress survient, le cerveau envoie un signal aux glandes surrénales qui libèrent plusieurs hormones : 

  • Le cortisol ("hormone du stress") : fournit de l’énergie et régule la tension artérielle. Un excès prolongé peut favoriser l’anxiété, 
  • L’adrénaline : accélère le rythme cardiaque et augmente la vigilance pour réagir rapidement, 
  • L’ocytocine : réduit le stress et favorise le lien social, jouant un rôle clé chez les femmes, 
  • La vasopressine : aide à contrôler la pression sanguine et l’anxiété. 

Bien que ces hormones existent chez tous, leur action varie selon le sexe. 

Pourquoi la réponse au stress diffère-t-elle entre les hommes et les femmes ? 

Une enquête menée en 2022 révèle que 56 % des femmes déclarent être stressées au quotidien, contre 44 % des hommes. Cette différence intrigue les chercheurs, qui tentent de mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans la gestion du stress. Malgré les avancées scientifiques, ces processus restent encore largement méconnus. 

Une étude publiée dans Nature Neuroscience a identifié une région clé du cerveau impliquée dans la gestion du stress : l’axe hypothalamus-habenula. Cette zone s’active en réponse à une situation stressante et joue un rôle dans la régulation des émotions négatives. Les chercheurs ont découvert que les neurones de cette région possèdent des récepteurs aux œstrogènes, les principales hormones sexuelles féminines. Bien que les hommes en produisent aussi, leurs niveaux sont bien plus faibles. Cette différence hormonale rend les femmes plus réceptives aux signaux neuronaux du stress, ce qui pourrait expliquer leur plus grande sensibilité aux situations anxiogènes. 

Ainsi, la réaction au stress est universelle, mais elle diffère selon le sexe en raison de facteurs biologiques et hormonaux. Lorsqu’un individu est confronté à une menace, son corps active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS), libérant du cortisol et de l’adrénaline pour préparer une réponse rapide. 

Chez les hommes, le stress déclenche généralement une réaction de "combat ou fuite", un concept décrit pour la première fois en 1929 par le physiologiste Walter Cannon. Cette réponse instinctive, amplifiée par des niveaux élevés de testostérone, pousse les hommes à affronter le danger ou à le fuir rapidement. 

Chez les femmes, une autre stratégie prédomine : "tend and befriend", ou "prendre soin et se lier aux autres". Développée par la psychologue Shelley Taylor en 2000, cette théorie suggère que les femmes gèrent le stress en cherchant du soutien social et en renforçant leurs liens affectifs. Cette réaction est influencée par l’ocytocine, une hormone qui atténue les effets du cortisol et favorise le comportement d’apaisement et de coopération. 

Le cortisol, hormone principale du stress, est produit en plus grande quantité chez les hommes en réponse à une menace immédiate. Cela peut entraîner une réaction plus impulsive et centrée sur l’action. En revanche, chez les femmes, les effets du cortisol sont modulés par l’œstrogène et l’ocytocine, qui réduisent la réponse agressive et encouragent des comportements de coopération et de soutien social. 

Ces différences hormonales expliquent pourquoi les hommes et les femmes ne développent pas les mêmes troubles face à un stress chronique. Les hommes sont plus sujets aux maladies cardiovasculaires, comme l’hypertension artérielle et l’infarctus du myocarde. Les femmes, quant à elles, sont plus vulnérables aux troubles anxieux et dépressifs, en raison de la sensibilité accrue de leurs neurones aux œstrogènes. 

Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles recherches et pourrait permettre de développer des traitements mieux adaptés aux spécificités biologiques de chaque sexe pour une gestion plus efficace du stress et de ses conséquences. 

Comment les facteurs socioculturels influencent-ils la gestion du stress ? 

La manière dont nous réagissons au stress n’est pas seulement biologique, elle est aussi influencée par la société et l’éducation. Les facteurs socioculturels jouent un rôle déterminant dans la manière dont les individus gèrent le stress, influençant les comportements adoptés face aux situations stressantes.  

Les normes culturelles façonnent les attentes concernant l'expression des émotions liées au stress. Traditionnellement, les hommes sont encouragés à adopter une attitude stoïque, à gérer leur stress de manière autonome et à éviter de montrer des signes de vulnérabilité. Cette tendance peut les conduire à intérioriser leurs émotions et à hésiter à chercher du soutien.  

En revanche, les femmes sont souvent socialisées pour être plus expressives émotionnellement et à solliciter l'aide de leur entourage en période de stress. Cette différence d'approche peut s'expliquer par des facteurs biologiques et sociaux qui modulent la réactivité au stress des hommes et des femmes.  

Ces attentes socioculturelles influencent directement les stratégies d'adaptation au stress. Les hommes, en raison de la pression sociale pour apparaître forts et indépendants, peuvent être moins enclins à partager leurs difficultés ou à rechercher un soutien émotionnel, ce qui peut limiter l'efficacité de leur gestion du stress. À l'inverse, les femmes, encouragées à exprimer leurs émotions et à s'appuyer sur leur réseau social, peuvent bénéficier d'un soutien accru, facilitant une meilleure gestion du stress. Cependant, cette tendance peut également les exposer à une charge émotionnelle supplémentaire si elles assument également le rôle de soutien pour autrui.   

Reconnaître l'influence des facteurs socioculturels sur la gestion du stress est important pour développer des stratégies d'adaptation efficaces. Une approche équilibrée, tenant compte des différences individuelles et des influences culturelles, est donc primordiale pour une gestion optimale du stress. 

Quelles stratégies adopter pour mieux gérer son stress et mieux se comprendre ? 

Le stress est une réaction naturelle de l'organisme face aux défis quotidiens. Cependant, sa gestion diffère souvent entre les hommes et les femmes. Voici quelques techniques :  

Les techniques adaptées aux hommes

  • Une activité physique régulière : pratiquer des exercices physiques aide à réduire le stress en libérant des endorphines, hormones du bien-être, 
  • Une meilleure gestion émotionnelle : apprendre des techniques comme la méditation ou la respiration profonde peut améliorer la réponse au stress, 
  • Une plus grande expression des sentiments : encourager les hommes à partager leurs préoccupations avec des proches ou des professionnels peut alléger le poids du stress.   

Les approches spécifiques pour les femmes

  • Des techniques de relaxation : la cohérence cardiaque et le yoga sont bénéfiques pour diminuer l'anxiété et améliorer le bien-être,  
  • Du soutien social : entretenir des relations sociales solides permet aux femmes de mieux gérer le stress, en partageant leurs expériences et en obtenant du soutien,  
  • Une meilleure organisation et planification : structurer son quotidien aide à réduire l'anxiété liée aux imprévus et aux charges multiples. 

En outre, il existe d’autres outils et conseils pratiques. Par exemple :  

  • La méthode des 4 A : cette approche aide à identifier et à gérer les sources de stress en adoptant des stratégies appropriées. Les 4A correspondent aux initiales des quatre verbes anglais : Avoid – Alter – Adapt – Accept pour éviter, modifier, s’adapter et accepter. 
  • Tenir un journal de gratitude : noter quotidiennement des aspects positifs de sa vie peut renforcer la résilience émotionnelle et diminuer le stress.  

Bien sûr, chaque individu est unique. Expérimenter différentes techniques permet de trouver celles qui conviennent le mieux à sa situation personnelle.

Consulter un professionnel de santé peut également offrir un accompagnement adapté. 

 

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