Fatigue, vertiges, troubles neurologiques… Et si c’était la maladie de Biermer ?
Publié le 3 avr. 2025 • Par Candice Salomé
Vous ressentez une fatigue intense, des picotements dans les extrémités ou encore des troubles de la mémoire ? Ces symptômes peuvent être liés à un simple coup de fatigue… ou cacher une maladie plus complexe : la maladie de Biermer. Cette pathologie auto-immune, responsable d’une carence en vitamine B12, affecte la production des globules rouges et peut avoir des répercussions sur l’ensemble de l’organisme.
Comment la maladie de Biermer se développe-t-elle ? Quels en sont les signes les plus évocateurs ? Comment la diagnostiquer et la traiter efficacement ?
On vous dit tout dans notre article !

Qu'est-ce que la maladie de Biermer ?
La maladie de Biermer, aussi appelée anémie pernicieuse, est une forme d'anémie macrocytaire qui cause une carence en vitamine B12. Cette pathologie résulte d'un déficit en facteur intrinsèque, une protéine essentielle à l'absorption de la vitamine B12 dans l'intestin grêle. Sans cette vitamine, la production normale des globules rouges est perturbée, entraînant une anémie et divers troubles neurologiques.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
La maladie de Biermer est principalement d'origine auto-immune. Le système immunitaire attaque les cellules pariétales de l'estomac, responsables de la production du facteur intrinsèque. Cette destruction empêche l'absorption de la vitamine B12, conduisant à une carence. Certaines maladies auto-immunes comme la thyroïdite de Hashimoto ou le diabète de type 1 sont souvent associées à cette pathologie.
D'autres facteurs peuvent être impliqués, notamment une gastrite atrophique chronique, une infection à Helicobacter pylori, une prédisposition génétique ou encore certaines chirurgies gastriques altérant l'absorption des nutriments.
Quels sont les symptômes de la maladie de Biermer ?
Les manifestations de l'anémie pernicieuse sont variées et peuvent toucher plusieurs systèmes de l'organisme. La fatigue intense, la pâleur, l'essoufflement et les vertiges sont des symptômes fréquents, dus à la baisse de la production des globules rouges.
Des troubles neurologiques peuvent apparaître en raison du rôle essentiel de la vitamine B12 dans le système nerveux. Des picotements et engourdissements des extrémités (paresthésies), des troubles de l'équilibre, une perte de mémoire ou encore des difficultés de concentration peuvent être observés.
Les troubles digestifs, tels que des ballonnements, diarrhées ou constipations, sont aussi rapportés. La glossite de Hunter, une inflammation de la langue, se manifeste par une langue rouge, lisse et douloureuse.
Enfin, des troubles de l'humeur, comme une irritabilité ou une dépression, sont parfois liés à cette carence.
Comment diagnostiquer la maladie de Biermer ?
Le diagnostic repose sur plusieurs examens biologiques et cliniques. Une prise de sang permet de mesurer le taux de vitamine B12, souvent très bas chez les patients atteints. L'hémogramme révèle une anémie macrocytaire, avec des globules rouges anormalement volumineux.
Des tests immunologiques permettent de détecter les anticorps anti-facteur intrinsèque et anti-cellules pariétales, signes distinctifs de l'origine auto-immune de la maladie. Une gastroscopie avec biopsie gastrique peut être réalisée afin de confirmer la présence d'une gastrite atrophique.
Quels sont les traitements de la maladie de Biermer ?
Le traitement repose sur une supplémentation en vitamine B12, le plus souvent sous forme d'injections intramusculaires. Ces injections permettent de contourner le problème d'absorption et d'apporter directement la vitamine à l'organisme. En phase initiale, elles sont administrées fréquemment, puis espacées à une injection mensuelle en entretien. Dans certains cas, une prise orale peut être envisagée si l'absorption reste suffisante.
Une surveillance médicale régulière est indispensable pour évaluer l'évolution de la maladie et détecter éventuelles complications. Une alimentation riche en vitamine B12 (viandes, poissons, produits laitiers) est conseillée, bien que son impact reste limité sans traitement.
Peut-on prévenir la maladie de Biermer ?
Il n'existe pas de méthode de prévention proprement dite, mais un dépistage précoce chez les populations à risque permet d'éviter les complications. Les personnes atteintes de maladies auto-immunes ou ayant des antécédents familiaux de Biermer doivent bénéficier d'un suivi adapté.
Vivre avec la maladie de Biermer
Bien prise en charge, cette pathologie permet de mener une vie normale. L'adhésion au traitement est essentielle pour prévenir l'apparition des symptômes et éviter les complications neurologiques, qui peuvent devenir irréversibles en l'absence de prise en charge.
Les patients doivent apprendre à écouter leur corps et à identifier les signes d'une carence persistante. Un suivi médical régulier permet d'adapter le traitement et d'assurer une qualité de vie optimale.
Conclusion
La maladie de Biermer, bien que chronique, peut être efficacement traitée grâce à une supplémentation en vitamine B12. Son origine auto-immune nécessite une surveillance attentive pour éviter les complications. Un diagnostic précoce et un traitement adapté permettent aux patients de vivre sans contrainte majeure.
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Sources :
Maladie de Biermer, Deuxième avis
Anémie pernicieuse, Salut Bonjour
Abrar-Ahmad Zulfiqar, Khalid Serraj, Jean-Loup Pennaforte, Emmanuel Andrès. Maladie de Biermer : de la physiopathologie à la clinique. Médecine thérapeutique. 2012;18(1):21-29. doi:10.1684/met.2012.0352
A. Fraj, S. Daadaa, I. Chaabene, R. Klii, S. Hammami, M. Kechida, I. Khochtali, Maladies auto-immunes associées à la maladie de Biermer, La Revue de Médecine Interne, Volume 41, Supplement, 2020, Page A95, ISSN 0248-8663, https://doi.org/10.1016/j.revmed.2020.10.153.
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